Le Point – Bordeaux : les coups de cœur de Hasnaâ

Bordeaux : les coups de cœur de Hasnaâ

La fameuse cheffe chocolatière, désormais à la tête de deux boutiques à Bordeaux et d’une autre à Arcachon, nous dévoile ses spots préférés.

© Sebastien ORTOLA/REA

Elle avait le choix entre Bordeaux, Reims ou Paris. Hasnaâ Ferreira a choisi le port de la Lune pour débarquer en 2010 de son Maroc natal. « Parce que Bordeaux était jumelée avec Casablanca, parce qu’il y fait plus beau et plus chaud qu’à Reims et à Paris, et aussi parce que les parents de mon époux Vincent habitaient Pompignac ! » explique-t-elle en riant. Après un passage remarqué dans l’émission Masterchef en 2012, elle obtient son CAP de chocolatier-confiseur en 2013. « J’ai fait plein de métiers avant, mais je n’étais pas épanouie. Regarder souvent l’heure au travail n’est pas bon signe, explique-t-elle. Ma décision de me reconvertir est venue avec la naissance de ma première fille. Il est impossible de séparer épanouissement personnel et professionnel. On ne peut pas être schizophrène, c’est-à-dire être malheureux au travail toute la journée et devenir heureux juste en quittant son boulot… » Depuis, la femme chocolat a fait du chemin.

À la tête de trois boutiques, dont deux à Bordeaux et une à Arcachon, elle s’est fait un nom ou plutôt un prénom reconnu par ses pairs. Elle est désormais sollicitée pour réaliser des créations chocolatées. Élaborés en collaboration avec le sculpteur néerlandais Tom Claassen, ses lapins géants en chocolat ont fait le tour du monde… Comme eux, Hasnaâ voyage beaucoup… Mais, pour elle, Bordeaux sera toujours Bordeaux. Avec une mention spéciale pour le quartier Fondaudège, où elle a installé son premier atelier-boutique. « C’est ici que tout a commencé, se souvient-elle. Ce quartier m’a beaucoup apporté et portée. J’y ai une clientèle fidèle depuis le début. Elle a œuvré pour me faire connaître en m’achetant des chocolats qu’elle offrait à ses amis ou connaissances. »

Dans ce quartier où elle habite aussi, Hasnaâ a quelques boutiques fétiches. Ainsi, Ostuni, une épicerie (153, rue Fondaudège), qui offre une sélection gourmande de produits italiens des Pouilles. « Aux commandes, Nicolas est adorable. Je lui prends de la stracciatella [fromage frais tiré de la partie crémeuse de la burrata, NDLR] : un délice ! Les artichauts poivrade confits sont savoureux. Pour les fêtes de fin d’année, les panettones sont à tomber. J’aime bien aussi ses pains au lait pour tremper dans le chocolat chaud », confie la jeune femme.

Bien-être. Pas très loin, Le Puits d’Amour (113, rue Fondaudège) est sa caverne d’Ali Baba. « Tenue par un couple, Julie et Yanis, qui ont tous les deux fait l’école des Beaux-Arts, cette boutique de cadeaux et de décoration est très chouette. J’y trouve des choses hyper qualitatives et mignonnes. Ils ont une belle sélection de bijoux et de vaisselle. Pour les anniversaires des filles qui travaillent avec moi, je vais chez eux. Ce sont mes sauveurs : avec leur découpeuse laser, ils fabriquent pour moi et ma boutique des objets de déco », note Hasnaâ. En face, au 112, rue Fondaudège, elle craque volontiers pour les créations de Noémie Cadilhac. « Elle fait de la nouvelle marqueterie : elle récupère des chutes de cuir, de dentelle de Calais et de bois pour en faire des bijoux formidables. » Et de montrer ses boucles d’oreilles en glissant : « C’est beau, non ? »

« Mais ma boutique préférée, c’est Herbéo », souligne Hasnaâ. Située au 31, rue des Ayres, cette herboristerie consacrée au bien-être par les plantes et les produits naturels propose des stages et des ateliers. « L’équipe est formée en pharmacothérapie. Ils sont top et de très bon conseil. Ils n’essaient pas de vous vendre des choses juste pour vendre, explique la chocolatière. J’ai fait un stage phytothérapie de trois jours sous la houlette d’Édith Petitet [la propriétaire d’Herbéo, NDLR]. Elle est docteure en toxicologie et diplômée en phytothérapie et en aromathérapie, c’était hyper intéressant. Ça vaut la peine parce que c’est un savoir pour la vie qui permet de soigner la bobologie. Même si, bien sûr, cela ne remplace pas l’allopathie. »

Respiration. Le jardin public de Bordeaux est l’un des spots préférés de Hasnaâ Ferreira, qu’elle aime arpenter en compagnie de sa chienne, Tokyo.

Rituel. Et pour cocooner ? « L’institut Soin de Soi est un endroit merveilleux, c’est mon havre de paix. Pour profiter du hammam, il faut aller à leur spa de Gradignan. Sinon, le plus pratique pour moi est leur adresse à Bordeaux, en face de ma boutique du centre-ville. C’est vraiment une belle maison à l’esprit bienveillant, que ce soit vis-à-vis des salariés ou des clients. Leurs cosmétiques sont naturels et fabriqués maison. La fondatrice, Nelly Pelissier, a été l’une des premières à se lancer dans l’autoproduction en constatant que, lorsqu’elles utilisaient des produits conventionnels chimiques pour les massages et les soins, ses salariées finissaient toujours par avoir des problèmes de peau. Elle s’est dit : « Si ce n’est pas bon pour mes salariées, ce n’est bon ni pour mes clients ni pour la nature. » » La quadra apprécie surtout leur façon de réaliser les soins en étant attentifs aux besoins de chacun. « Le rituel mis en place est personnalisé, cela me plaît beaucoup. »

Mais si Hasnaâ Ferreira aime Bordeaux, c’est aussi pour sa douceur de vivre. L’un de ses lieux de villégiature préférés est le jardin public situé à quelques encablures de chez elle et de sa fèverie ; elle s’y rend régulièrement avec ses deux filles de 12 et 9 ans. « C’est un lieu que je trouve très apaisant, surtout tôt le matin ou tard le soir, quand il y a moins de monde. J’adore y aller aussi quand il pleut. Les essences d’arbres y sont incroyables », observe-t-elle. Le jardin public est aussi le lieu de promenade de Tokyo, la chienne japonaise de la famille.

« Le balcon de Bordeaux ». Pour admirer Bordeaux et rêvasser, la jeune femme se rend sur l’autre rive. Notamment sur le promontoire de l’église romane Saint-Siméon de Bouliac. « J’adore y venir. On y a une vue imprenable sur la ville et sur la Garonne. C’est l’une des plus belles vues de Bordeaux. J’aime aussi admirer le port de la Lune depuis l’hôtel-restaurant Le Saint-James, toujours à Bouliac », observe-t-elle. Surnommé « le balcon de Bordeaux », ce village est réputé depuis longtemps pour son panorama exceptionnel. Le meilleur moment pour y aller : au coucher du soleil ou la nuit, quand la capitale girondine s’illumine de mille feux. « Moins accessible mais avec un panorama tout aussi remarquable sur les ponts bordelais, la Garonne et la flèche de Saint-Michel, il y a le toit du siège de la Banque populaire Aquitaine Centre Atlantique [10, quai des Queyries, NDLR] », note Hasnaâ. Avant d’ajouter : « Plus simple, il suffit de se poster sur le pont de Pierre, où les voitures n’ont plus le droit de circuler, pour s’offrir une vue sublime. C’est superchouette la nuit ! »

Enfin, comme tous les Bordelais, la famille adore le bassin d’Arcachon. « Nous allons souvent à Biscarrosse, dans un petit coin au bord du lac, un peu secret. Je serais incapable de vous dire exactement où. Ce n’est pas loin d’un hôtel. Nous y sommes souvent seuls, confie Hasnaâ avec son sourire lumineux. J’adore y pique-niquer le soir. Nous restons tard, c’est tranquille. Ça fait partie des très beaux moments en famille. »

Hasnaâ Chocolats grands crus. À Bordeaux : 192, rue Fondaudège, 05.24.61.58.03, et 4, rue de la Vieille-Tour, 05.56.81.11.40. À Arcachon : 8, place Lucien-de-Gracia, 05.57.15.80.79.